Jardin à Paradiso 1



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Jardin à Paradiso 3



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Postface:

Cette série je l’ai faite à Lugano, assis sur la cuvette des toilettes de L.M. V, des chiottes Geberit modèle Balena avec jet d'eau chaude puis froide, et pendant que je remuait légèrement le cul avec délice pour que le jet nettoie le moindre petit repli, ce qui m'arrivait plusieurs fois par jour car j'avais fini par m'asseoir sur la lunette et appuyer sur le petit bouton par pur plaisir, pendant ce temps donc, lorsque j'eû fini de lire 4 ou 5 fois la revue Armi posée devant moi, je finis par tourner systématiquement la tête vers la droite, que je préfère à la gauche, pour observer à 30 ou 35 cm de mes yeux les reflets du jardin juste derrière la vitre moulée de formes ovaloïdes imbriquées pour masquer les regards, et comme les feuilles de l'arbuste en pot touchaient doucement la vitre, suivant l'heure et la météo, j'ai trouvé les reflets verts chauds, froids, très beaux, variables comme le temps, la brise légère de la Collina Azzura, ses pluies délicates ou parfois violentes et torrentielles, et chaque jour j'ai fait plusieurs photos, assis ainsi sur la cuvette des chiottes.
Si bien que je me suis pris au jeu guettant à tout moment les infimes variations de lumière qui finirent par devenir fascinantes.
Enfin, succombant à la tentation et sentant qu'une expo était suspendue au dessus de ma tête comme un étron suspendu retenu par un mince filament au dessus de la flotte avant de plonger dans la cuvette je suis allé dans le jardin, de l'autre côté de la vitre, pour rapprocher le manche rouge de l'outil en métal posé sur le rebord de la fenêtre pour donner le fameux point rouge de Corot à mes compositions, ce qui m'a amené très vite à descendre ensuite le store en PVC au moyen de la manivelle que je pouvais manipuler tout en restant assis pour créer une sorte d'effet rideau à volonté et obtenir ces gris subtils qui me font obsessionnellement penser aux gris de L'atelier de Bazille et plus encore aux gris et parements noirs d'une immense robe longue sur fond vert de Manet qui se trouve je crois au Musée d'Orsay, ce mastaba imbécile, bien plus que le Second Empire n'aurait jamais pû le concevoir.
Alors je me suis dit que cela ferait un joli hommage à Monet (le côté jardins) mais j'ai opté pour Jardin à Paradiso que je trouve facile à prononcer, c’est le nom du quartier où se trouve la résidence Collina Azzura et nous sommes à 2 pas de ma sculpture GOLFO, ça tombe bien.
Et voilà.